École en santé

 

C'est notre histoire : témoignages d'écoles

Plusieurs écoles québécoises se sont engagées concrètement dans la mise en œuvre de l’approche École en santé depuis quelques années. Quelques-unes de ces écoles nous présentent leur histoire dans cette rubrique. Il s’agit d’illustrations des façons dont ces écoles tentent de relever le défi de l’innovation en matière de prévention et de promotion de la réussite, de la santé et du bien-être des jeunes en contexte scolaire. Ce défi, incarné par la mise en œuvre de l’approche École en santé, est proposé aux écoles primaires et secondaires et relevé sur une base volontaire par celles-ci.

La démarche de chacune des écoles est présentée selon les principaux paramètres de mise en œuvre de l’AÉS. Ceux-ci sont succinctement décrits à la section « Étapes et outils de l’AÉS ».

Le degré d’avancement ou d’accomplissement des composantes de l’approche École en santé diffère d’une école à l’autre. Cette réalité est le reflet d’une démarche novatrice en constante évolution par le biais de laquelle les acteurs impliqués réfléchissent, apprennent de nouvelles habiletés, expérimentent des nouvelles façons d’intervenir, en un mot, participent à un processus réflexif de repositionnement de la promotion et de la prévention dans l’école. Le changement de pratiques associé à la mise en œuvre de l’AÉS est exigeant mais, stimulant. Il doit se réaliser progressivement, à petits pas, selon le contexte et les capacités des milieux.

Des écoles engagées dans l’approche École en santé

École Antoine-Hallé (primaire)
Travailler ensemble en milieu défavorisé

Description

Cette école de la commission scolaire de l’Énergie accueille un peu plus de 200 élèves des trois cycles du primaire provenant de milieux urbain et semi-urbain. Située en milieu défavorisé (indice de milieu socio-économique de 9 sur 10), l’école Antoine-Hallé est un point de service pour les élèves ayant des troubles de comportements et des troubles graves d’apprentissage.

Poser un regard critique

Une analyse de la situation a été réalisée permettant d’établir les priorités à Antoine-Hallé en matière de réussite éducative, de bien-être et de santé des jeunes. Les objectifs du projet éducatif et les moyens inscrits au plan de réussite de l’école ont été revus à la lumière des facteurs clés du développement des jeunes et des quatre niveaux d’intervention.

Se donner des conditions

Le déploiement de l’approche École en santé est sous la responsabilité du comité de suivi du plan de réussite. Ce comité, auquel se sont joints des membres de la communauté et qui est désormais nommé Comité École en santé, est composé : d’enseignants, de la responsable du service de garde, d’un technicien en éducation spécialisée, de la psycho-éducatrice, d’un parent ainsi que des personnes- ressources du CSSS et de l’Université du Québec à Trois-Rivières

Vers des actions intégratives

Le déploiement de l’approche École en santé a tout d’abord donné lieu à des activités individuelles et collectives traitant de la santé et du bien-être du personnel de l’école : bilan de santé supervisé pour chaque personne, contrat d’engagement individuel dans une démarche de modification d’habitudes de vie, compétition amicale autour de l’utilisation du podomètre, etc.

Écoles Marie-Immaculée et Académie du Sacré-Cœur (primaires)
Se concerter à long terme autour des habiletés sociales et des habitudes de vie

Description

En septembre 2006, la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke désigne les écoles primaires Marie-Immaculée et Académie du Sacré-Cœur pour débuter le déploiement de l’approche École en santé conjointement avec le Centre de santé et services sociaux-Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke.

Ces deux écoles situées dans un milieu semi-urbain avec un indice socio-économique de 5 sur 10 accueillent les enfants de maternelle, 1re, 2e et 3e année pour l’une et de 4e, 5e et 6e année pour l’autre, totalisant environ 400 élèves.

Poser un regard critique

À la suite de l’analyse de milieu effectuée dans le cadre de l’élaboration du projet éducatif et du plan de réussite, une priorité se dégage au niveau des habiletés sociales.

Se donner des conditions

Le comité du plan de réussite s’élargit et accueille en plus des représentants d’enseignants et de professionnels des services éducatifs complémentaires, les éducateurs physiques et à la santé, l’infirmière du CSSS-IUGS et les accompagnatrices École en santé.

Vers des actions intégratives

À partir de l’inventaire des actions en P/P se réalisant déjà dans l’école, une programmation concertée des activités est faite et reportée sur une ligne de temps.

Un programme de Mieux-vivre/ Mieux-être, en lien avec les habiletés sociales, est alors élaboré par les professionnels des services éducatifs complémentaires et mis en place par l’équipe-école. Des animations dans les classes avec un thème spécifique à chaque niveau ont lieu au cours de l’année avec un réinvestissement dans les différentes activités de l’école. Un volet Parent est développé et un lien avec la table de concertation de milieu et la maison des jeunes est établi autour des valeurs du programme : respect, tolérance, empathie et persévérance.

Des actions de promotion de saines habitudes de vie sont intégrées et le programme devient Mieux-vivre/Mieux-être en forme et en santé.

Tout au long de l’année scolaire se déroulent des actions où l’équipe-école, l’infirmière, les parents et la communauté sont mis à contribution : activité Sautons en cœur, ateliers sur les produits céréaliers animés par l’infirmière et la boulangère et dégustation de pains et de céréales, préparation et diffusion par les élèves de capsules sur les saines habitudes alimentaires, préparation et dégustation de smoothies, défi Moi, j’croque, activités sur la santé dentaire, projet de germination, défi boîte à lunch écologique, olympiades intégrant l’activité physique, les collations santé et les valeurs de Mieux-vivre/Mieux-être, etc.

École Le Tremplin (secondaire)
Un exemple de santé globale

Description

Située en Abitibi-Témiscamingue, dans la petite communauté urbaine de Malartic, l’école secondaire Le Tremplin accueille annuellement près de 500 élèves. Cette école dessert quatre municipalités du territoire de la Commission scolaire de l’Or-et-des-Bois et affiche un IMSE de 10.

La région ayant subit les contrecoups économiques du ralentissement de l’industrie forestière dans les dernières années, la Ville de Malartic vit, quant à elle, un essor indéniable grâce à la reprise de l’industrie minière dans le secteur. D’ici quelques mois, près de 800 emplois seront créés dans le secteur minier de cette municipalité.

Poser un regard critique

Les résultats du QES ont fait ressortir un problème de violence verbale.

Se donner des conditions

Le Tremplin adhère à l’approche École en santé depuis 2006, un comité multidisciplinaire éducation et santé (direction, animateur de vie spirituelle et communautaire [AVSEC], animateur à la vie étudiante, élève, enseignants, psycho-éducatrice, infirmière scolaire, parent) y est actif et, au fil des années, les collaborations avec le Centre de santé et de services sociaux de la Vallée-de-l’Or et le CLSC du secteur de Malartic ont été nombreuses et fructueuses. En effet, plusieurs interventions en promotion de la santé et en prévention ont pu être maximisées et synchronisées grâce à ce partenariat.

Le souci du partenariat a aussi conduit à la fusion du comité École en santé avec celui qui soutenait les activités École verte Brundtland depuis plusieurs années. Cette fusion fut une occasion d’améliorer l’efficience au niveau de la planification et la réalisation d’activités concertées reliées à la santé globale dans l’école.

Vers des actions intégratives

À ce jour plusieurs actions ont été réalisées, dont un sondage sur les habitudes de vie des jeunes (2006-2007), la rédaction et mise en application d’une politique santé (2007), une démarche sur l’offre alimentaire à la cafétéria, qui a conduit à l’instauration d’un menu santé et à l’utilisation de vaisselle durable (2007).

Les résultats du QES faisant ressortir un problème lié à la violence verbale, beaucoup d’efforts ont été coordonnés afin d’encourager les élèves à utiliser un langage respectueux : concours de création d’affiches et de signets avec patois humoristiques et originaux, attention particulière des surveillants, surveillance surprise où tout le personnel est invité à se joindre aux élèves durant la pause en portant un attention particulière à leur langage.

En 2007-2008 : projet-pilote s’adressant au personnel, On bouge au travail, combinant activité physique, culture de bien-être et échanges interpersonnels entre les corps d’emploi.

En 2008-2009 : campagne de sensibilisation sur les boissons énergisantes.

École Jacques-Rousseau (primaire)
Intervenir à plusieurs niveaux, notamment auprès d’élèves avec des problèmes d’apprentissage et de développement

Description

L’école Jacques-Rousseau, de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, est un établissement primaire et accueille environ 475 élèves. L’école est située à Anjou, un arrondissement de Montréal. Le milieu socio-économique est le résultat d’un mélange d’une population favorisée et défavorisée nous donnant un indice de défavorisation d’environ 7 sur 10.

Cette école accueille également des élèves en difficultés graves d’apprentissage (DGA) (l’équivalent d’une classe), ainsi que des enfants ayant un trouble envahissant de développement (TED) (l’équivalent de quatre classes), plus une classe ressource permettant l’intégration de jeunes ayant un TED.

Poser un regard critique

Le déploiement de l’approche École et milieux en santé (ÉMES) a amené l’équipe à réfléchir de nouveau sur les besoins de sa population. L’analyse des besoins qui a été réalisée a permis d’établir les nouvelles priorités et d’ajuster le plan de réussite.

Cette année, l’équipe se rencontrera pour faire le choix des priorités d’action et bonifier les activités déjà déployées, qui seront conservées.

Se donner des conditions

Le déploiement de l’approche École et milieux en santé est sous la responsabilité du comité d’orientation. Ce dernier est composé de membres du personnel de l’école, soit la direction scolaire, des enseignants (au nombre de 3), de l’enseignant d’éducation physique et à la santé et du technicien du service de garde ainsi que des partenaires du CSSS affiliés à l’école, soit l’hygiéniste dentaire, l’infirmière et la travailleuse sociale.

Les agents pivots du CSSS et de la CSPI accompagnent l’équipe dans le déploiement de l’approche. Cette collaboration au comité vient consolider et donner sens au partenariat établi entre l’équipe de l’école Jacques-Rousseau et celle du CSSS PDI/installation Mercier-Est–Anjou.

Vers des actions intégratives

L’approche École et milieux en santé (ÉMES) permet d’optimiser les efforts de tous et chacun et d’aller vers les pratiques les plus efficaces en promotion et en prévention. Les projets, comme l’équipe TDAH (intervention multimodale auprès des jeunes ayant un TDAH, de sa famille et du milieu scolaire) et Samedi Tout (activités ludiques pour les parents et enfants offerts en collaboration avec l’école, le CSSS et l’arrondissement d’Anjou), tentent maintenant de rejoindre les facteurs-clé afin de favoriser la réussite du jeune et le développement de ses compétences.

De plus, la complémentarité des actions entre le milieu scolaire, celui de la santé ainsi que de l’environnement familial et communautaire du jeune s’en retrouve maximisée puisqu’il y a maintenant un souci d’intervenir aux différents niveaux.